Selon son équipe juridique, l’état de santé d’Anicet Ekane s’est fortement détérioré durant le week-end, malgré les soins administrés dans la garnison militaire. Dimanche 30 novembre, son parti, le Manidem, avait tiré la sonnette d’alarme, réclamant en urgence son transfert vers un autre établissement hospitalier pour un suivi médical « adapté et approprié ».
Dans un communiqué au ton prémonitoire, le parti avait averti qu’il tiendrait « le régime de Yaoundé responsable des conséquences » du refus de ce transfèrement. Quelques heures plus tard, la mort du leader politique était confirmée.
Une figure majeure de la scène politique camerounaise
La disparition d’Anicet Ekane a provoqué une vive émotion. Plusieurs médias locaux ont interrompu leurs programmes pour couvrir l’annonce, tandis que les réseaux sociaux se sont saturés d’hommages et de messages de consternation.
Acteur central de la vie politique depuis le début des années 1990, Anicet Ekane a participé à de nombreux combats démocratiques. En 2025, il a joué un rôle déterminant lors de l’élection présidentielle : en soutenant officiellement Maurice Kamto sous la bannière du Manidem, puis en apportant son appui à Issa Tchiroma Bakary, arrivé officiellement deuxième et qui revendique la victoire.
Une arrestation liée à la contestation post-électorale
Proche d’Issa Tchiroma Bakary, Anicet Ekane était accusé d’insurrection et de rébellion après avoir reconnu la victoire de ce dernier, en contradiction avec les résultats officiels donnant Paul Biya vainqueur. Son arrestation, suivie de 38 jours de détention jusqu’à sa mort, s’inscrit dans un contexte de forte tension politique et de contestation persistante des résultats.
La disparition du président du Manidem ouvre désormais une nouvelle phase d’incertitude pour l’opposition camerounaise et soulève des interrogations sur les conditions de détention et la responsabilité des autorités dans cette issue tragique.
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