Publié dans la presse et largement relayé sur les réseaux sociaux, ce texte appelle les électeurs à rompre avec les 43 années de règne du chef de l’État, pourtant considéré comme un « frère » dans cette région.
Les signataires, principalement des universitaires et figures de la société civile, dressent un constat sans appel : malgré une fidélité électorale sans faille au président Biya, la région du Sud n’aurait bénéficié d’aucun développement significatif. Routes en mauvais état, localités toujours privées d’électricité, taux élevé de chômage parmi les jeunes diplômés… autant de griefs que les auteurs énumèrent, dénonçant un sentiment d’« abandon » et un « désespoir généralisé ».
Dans leur lettre de quatre pages, ils critiquent également le lien distant et condescendant qu’aurait entretenu Paul Biya avec sa région natale. « Qui se souvient d’un seul meeting de Paul Biya dans une localité du Sud ? », interrogent ils, pointant une absence jugée symbolique du manque d’intérêt du président pour sa base d’origine.
Face à ce bilan, les auteurs de la lettre appellent les électeurs du Sud à « sanctionner dans les urnes » le pouvoir en place lors de l’élection présidentielle d’octobre 2025. Ils exhortent les populations à « se libérer de la servitude d’un pouvoir qui les prend en otage » et militent clairement pour l’avènement d’une nouvelle gouvernance.
Le message, diffusé depuis 48 heures, a créé une onde de choc dans une région jusqu’ici largement acquise au président Biya, qui y récolte habituellement des scores électoraux écrasants. L’opposition s’est immédiatement emparée du texte, saluant une prise de position inédite. Du côté du parti au pouvoir, le RDPC, aucune réaction officielle n’a été enregistrée pour l’instant. En privé, certains cadres évoquent une « surenchère électoraliste », sans toutefois commenter publiquement le contenu du message.
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