Selon plusieurs sources au sein de la magistrature, trois membres de la chambre d’instruction de la cour d’appel de Ouagadougou ont été « enlevés » entre vendredi et dimanche. Parmi eux figure Urbain Meda, connu pour avoir présidé les débats lors du procès historique sur l’assassinat du président Thomas Sankara.
Les deux autres magistrats disparus sont Benoît Zoungrana, enlevé dimanche, et Seydou Sanou, porté disparu depuis samedi, selon des sources judiciaires concordantes. L’avocat Arnaud Sempébré est lui aussi introuvable, d’après ses proches.
Dans le secteur médiatique, les interpellations se multiplient. Le quotidien L’Observateur Paalga, considéré comme le doyen de la presse privée burkinabè, a signalé l’arrestation de son directeur des rédactions, Ousseini Ilboudo, par des individus se présentant comme des agents de l’ex-ANR. D’après la rédaction, il a été « embarqué à bord d’une fourgonnette vers une destination inconnue » et reste, à ce jour, injoignable.
Même scénario au journal Le Pays, où Michel Nana, rédacteur en chef adjoint, a été enlevé en pleine conférence de rédaction par des hommes revendiquant leur appartenance à la même ex-agence de renseignement. Lui aussi demeure porté disparu.
Silence officiel et inquiétudes croissantes
Aucune réaction officielle n’a encore été publiée par les autorités burkinabè. Ces disparitions, qui touchent à la fois le corps judiciaire et la presse indépendante, suscitent de vives inquiétudes dans un pays déjà marqué par un resserrement de l’espace civique depuis la prise du pouvoir par le capitaine Ibrahim Traoré en 2022.
Les associations de défense des droits humains et les organisations professionnelles de journalistes appellent à la libération immédiate des personnes enlevées et à la clarification du rôle éventuel des services de renseignement. Pour beaucoup, cette série d’enlèvements marque une nouvelle étape dans la dérive autoritaire du régime burkinabè.
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