Cette décision marque un tournant dans l’interminable feuilleton judiciaire entourant Jacob Zuma, déjà emblématique des scandales de corruption et de “capture de l’État” qui ont marqué son mandat (2009-2018).
Depuis plusieurs années, la justice sud-africaine enquête sur le financement par le Trésor public de procès personnels impliquant l’ancien président dans diverses affaires de corruption.
En 2021, ses avocats avaient tenté de plaider l’absence de responsabilité personnelle, soutenant que Zuma avait agi en qualité de chef d’État et non à titre individuel. Mais la Haute Cour de Pretoria a tranché : Jacob Zuma est pleinement responsable d’avoir détourné de l’argent public pour régler ses propres litiges.
Soixante jours pour rembourser
La décision judiciaire donne désormais 60 jours à Jacob Zuma pour restituer la somme. En cas de non-paiement, la justice pourrait envisager de geler sa pension présidentielle ou d’autres avoirs publics qui lui sont dus.
Interrogé par la presse, l’ancien président est resté évasif :
« Une réunion est prévue avec mes avocats pour discuter de la suite à donner à cette affaire. Nous avons pris rendez-vous avec eux pour faire avancer ce dossier »,
a-t-il déclaré, sans préciser s’il comptait faire appel.
L’opposition salue une “victoire pour la justice”
L’Alliance démocratique (DA), principal parti d’opposition en Afrique du Sud, a salué la décision de la justice, y voyant un signal fort contre l’impunité :
« Nous sommes impatients de voir M. Zuma rembourser ce qu’il doit à l’Afrique du Sud »,
a indiqué le parti dans un communiqué.
Une condamnation symbolique dans un pays en quête de transparence
Cette décision s’inscrit dans la longue série d’affaires judiciaires visant Jacob Zuma, déjà condamné à plusieurs reprises pour contempt of court (outrage à la justice) et poursuivi dans le cadre du scandale Arms Deal, lié à des contrats d’armement dans les années 1990.
Pour de nombreux observateurs, cette affaire illustre la volonté de la justice sud-africaine de rétablir la confiance des citoyens dans les institutions, dans un pays encore marqué par la corruption systémique et les inégalités persistantes.
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