Le coup d’État survenu le mois dernier en Guinée-Bissau, ainsi que la tentative de putsch déjouée le 7 décembre à Cotonou, ont occupé une place centrale dans les échanges. Ces événements, combinés à la persistance de la menace terroriste au Sahel et dans le golfe de Guinée, ont conduit les dirigeants à rappeler les principes fondateurs de la Cédéao en matière de gouvernance démocratique.
S’exprimant avec gravité, le président sierra-léonais Julius Maada Bio, également président en exercice de la Conférence des chefs d’État de la Cédéao, a insisté sur la nécessité de consolider une organisation désormais composée de 12 États membres, après le retrait du Mali, du Niger et du Burkina Faso. Une épreuve institutionnelle majeure pour une organisation régionale fragilisée en début d’année.
Sécurité et lutte contre le terrorisme
Pour Julius Maada Bio, l’intégration régionale ne peut se renforcer sans une réponse coordonnée et durable face au terrorisme. À ce titre, il a annoncé des avancées concrètes : « Nos ministres des Finances et de la Défense travaillent à un mécanisme de financement pérenne et se préparent à lancer une brigade antiterroriste de 1 650 hommes d’ici fin 2026. »
Le dirigeant a toutefois rappelé que la sécurité ne saurait être dissociée des enjeux de gouvernance, d’éducation et de création d’emplois, essentiels pour s’attaquer aux causes profondes de l’instabilité.
« Tolérance zéro » pour les putschs militaires
Malgré des sensibilités parfois divergentes, les chefs d’État se sont accordés sur un principe commun : le rejet total des coups d’État. Le président de la Commission de la Cédéao, Umar Alieu Turay, a martelé la doctrine de l’organisation: « Les coups d’État représentent un pas en arrière pour nos pays. Dans la Cédéao, il y a une tolérance zéro pour les changements anticonstitutionnels de gouvernement. »
Il a notamment salué la réactivité de l’organisation dans le dossier béninois, soulignant que l’intervention rapide du Nigeria à Cotonou n’avait suscité aucune contestation au sein de l’instance régionale.
Menaces de sanctions ciblées contre la junte de Bissau
En application de cette ligne dure, les dirigeants ouest-africains ont rejeté le programme de transition proposé par la junte au pouvoir en Guinée-Bissau. Ils ont exigé un retour rapide à l’ordre constitutionnel, à travers une transition courte, inclusive et représentative des forces politiques nationales.
La libération immédiate des prisonniers politiques et des membres de la société civile détenus depuis l’interruption du processus électoral a également été réclamée. Si aucune sanction n’a été décidée à ce stade, la Cédéao n’exclut pas des mesures ciblées contre les acteurs qui entraveraient la mise en œuvre de ses recommandations. Une mission de haut niveau est attendue prochainement à Bissau pour dialoguer avec les autorités de fait.
Cap sur l’intégration économique et la monnaie unique
En conclusion du sommet, Julius Maada Bio a appelé à transformer la Cédéao en un espace d’opportunités plutôt que de crises. Dans cette optique, les dirigeants ont réaffirmé leur ambition de lancer une monnaie unique à l’horizon 2027.
Le Sénégal jouera un rôle clé dans cette perspective, puisqu’un ressortissant sénégalais prendra, dès juillet prochain, la présidence de la Commission de la Cédéao. Le président Bassirou Diomaye Faye devrait annoncer son choix dans les mois à venir, dans un contexte régional marqué par de lourds défis sécuritaires et politiques.
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