À l’approche d’un passage parlementaire décisif, le chef du gouvernement a appelé à une « grande clarification » des positions politiques, affirmant vouloir défendre un budget « responsable », « équilibré » et « capable de rassembler », tout en visant une réduction du déficit public à 5 % du PIB en 2026, contre 5,4 % en 2025.
Prime d’activité revalorisée et stabilité fiscale pour les ménages
Parmi les annonces phares, la hausse de la prime d’activité occupe une place centrale. Le Premier ministre promet une augmentation de 50 euros par mois en moyenne pour plus de trois millions de ménages modestes, alors que le projet initial prévoyait une réduction de son périmètre. « Il faut que le travail paie », a-t-il martelé.
Autre signal fort envoyé à la gauche : le barème de l’impôt sur le revenu sera indexé sur l’inflation, et aucune réforme de l’abattement fiscal des retraités n’est envisagée. Sébastien Lecornu s’est voulu catégorique : « Il n’y aura dans ce budget aucune augmentation de la fiscalité sur les ménages, directe ou indirecte. » Du côté des entreprises, les allègements de charges seront maintenus afin de ne pas alourdir le coût du travail, selon Matignon.
Éducation, logement et transition écologique prioritaires
Présentant un budget qui « donne la priorité à la jeunesse », le Premier ministre a également annoncé la création de 2 000 postes supplémentaires dans l’Éducation nationale, notamment pour améliorer l’accueil des élèves en situation de handicap. Les bourses étudiantes seront maintenues.
Sur le front du logement, l’exécutif prévoit un renforcement des moyens des bailleurs sociaux à hauteur de 400 millions d’euros, face à une crise de la construction jugée préoccupante.
Certains ministères verront leur budget augmenter, notamment ceux de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, de la Transition écologique – avec un renforcement du fonds vert ainsi que le ministère des Armées.
Efforts budgétaires et zones d’ombre persistantes
Le gouvernement entend toutefois réaliser des économies structurelles, notamment via une réforme de la décentralisation. Selon Sébastien Lecornu, les dépenses de cinq ministères sur six seront, en euros courants, inférieures à celles de l’an dernier. Un effort « difficile », reconnaît-il, qui nécessitera « un pilotage permanent ».
Les collectivités territoriales devront également contribuer à l’effort budgétaire, mais « dans des proportions acceptables ». Aucun chiffrage précis n’a toutefois été communiqué, alors que le texte initial évoquait 4,6 milliards d’euros, ramenés à environ 2 milliards par le Sénat.
Désaccords fiscaux encore non tranchés
Plusieurs points clés restent en suspens. Le PS réclame une hausse de la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises à hauteur de 8 milliards d’euros, quand le gouvernement évoquait un compromis à 6,3 milliards. Sébastien Lecornu n’a pas précisé le niveau retenu dans la version finale du budget.
Le Premier ministre n’a pas non plus clarifié sa position sur la taxation des holdings familiales, une autre revendication des socialistes. Autant de zones d’incertitude qui pourraient peser lourd dans les dernières négociations parlementaires.
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