Mardi 13 janvier au soir, la Uganda Communications Commission (UCC) a ordonné aux opérateurs mobiles de bloquer l’accès public à Internet, y compris aux services de données, aux réseaux sociaux et aux services de messagerie, jusqu’à nouvel ordre. Le régulateur justifie cette décision par la nécessité de limiter la désinformation, la fraude électorale et l’incitation à la violence.
Cette mesure intervient dans un contexte déjà tendu, après la restriction des importations d’équipements Starlink, critiquée par l’opposition comme une tentative de réduire l’accès à des réseaux alternatifs de communication.
Pour l’opposant Bobi Wine, ce blackout numérique est un coup porté à la transparence du scrutin, affirmant qu’il s’agit d’une stratégie pour “étouffer” la liberté d’expression et l’accès à l’information à la veille du vote.
Militaires dans les rues : prévention ou intimidation ?
Des véhicules blindés et des soldats patrouillent depuis samedi dans plusieurs quartiers de Kampala, avec pour mission, selon l’armée, de prévenir d’éventuelles violences électorales. La présence militaire accrue dans les rues de la capitale a toutefois été perçue comme un signe d’autoritarisme par les principaux partis d’opposition et des observateurs internationaux.
Les partisans de l’opposition dénoncent des interventions répétées des forces de sécurité lors des meetings de campagne, affirmant que des gaz lacrymogènes et parfois des tirs à balles réelles ont visé des rassemblements pro-opposition.
Une élection sous haute tension
Le président sortant, Yoweri Museveni, 81 ans, dirige l’Ouganda depuis 1986 et brigue un septième mandat, ce qui ferait entrer son régime dans sa cinquième décennie d’exercice du pouvoir.
Son principal rival est Robert Kyagulanyi Ssentamu, plus connu sous le nom de Bobi Wine, un ancien artiste devenu chef de file de l’opposition. Le leader de 43 ans bénéficie d’un fort soutien chez les jeunes et en zones urbaines, notamment dans la région de Kampala et à l’est du pays.
D’autres candidats, dont Mugisha Muntu et Nathan Nandala Mafabi, figurent aussi sur la liste électorale établie pour ce scrutin qui doit mobiliser environ 21,6 millions d’électeurs.
Lors de la précédente présidentielle de 2021, Bobi Wine avait obtenu près de 35 % des voix, soit le score le plus élevé jamais réalisé contre Museveni, qui avait alors été réélu avec environ 58 % des suffrages.
Réactions et observations internationales
Des organisations de défense des droits humains, dont Amnesty International et le bureau des Nations unies pour les droits de l’homme, ont déjà condamné des actes de répression et des arrestations arbitraires dans les semaines précédant le vote, créant un climat de fortes préoccupations internationales sur l’équité du processus électoral.
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