Jeudi, le Palais du Peuple de Conakry a servi de cadre au dernier grand rassemblement de campagne du général Mamadi Doumbouya. Une clôture sans ferveur particulière pour une élection pourtant historique : la première présidentielle organisée depuis la prise de pouvoir des militaires en septembre 2021.
Contrairement aux scrutins passés, la campagne n’a pas suscité d’importants élans populaires. Un désintérêt largement attribué à l’éviction ou à l’exclusion de plusieurs figures de l’opposition, réduisant l’incertitude autour de l’issue du vote.
Chef de la junte au moment du coup d’État, Mamadi Doumbouya est candidat à un mandat de sept ans. Ses partisans mettent en avant son bilan et son action en faveur des populations vulnérables. « Je suis ici pour soutenir Mamadi Doumbouya pour sa gentillesse et pour toutes les opportunités qu’il a offertes aux personnes dans le besoin », témoigne Mariame Kourouma, présente au meeting de clôture. « Nous voulons qu’il reste président de notre pays. »
Face à lui, son principal adversaire reste Abdoulaye Yero Baldé, ancien ministre de l’Éducation sous la présidence d’Alpha Condé. Ses soutiens rappellent son opposition à la tentative de troisième mandat de l’ex-chef de l’État. « Yero Baldé a refusé de cautionner un troisième mandat, au nom de l’engagement pris envers le peuple guinéen de préserver la démocratie », souligne Mohamed Lamine Bangoura, l’un de ses partisans.
Riche en ressources minières, notamment en bauxite, la Guinée demeure confrontée à une pauvreté endémique : plus de la moitié de ses 15 millions d’habitants vivent sous le seuil de pauvreté et souffrent d’insécurité alimentaire. Mamadi Doumbouya a fait du développement économique et de la modernisation des infrastructures les axes centraux de sa campagne, tout en mettant en avant l’adoption d’une nouvelle Constitution, issue d’un référendum largement boycotté par l’opposition.
Quelque 6,7 millions d’électeurs sont appelés aux urnes dimanche dans près de 24 000 bureaux de vote à travers le pays. Les résultats provisoires sont attendus dans les 48 heures suivant le scrutin.
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