L’accueil du président russe par Narendra Modi intervient à un moment délicat pour l’Inde, en pleine négociation d’un accord commercial avec les États-Unis. Un rapprochement trop visible avec la Russie pourrait irriter Donald Trump. Mais New Delhi refuse de tourner totalement le dos à son partenaire historique, fournisseur d’armes depuis plus de 60 ans.
S-400 : un dossier prioritaire pour Moscou
Au cœur des discussions figurent les systèmes de défense S-400, déjà utilisés par l’armée indienne lors de l’opération Sindoor contre le Pakistan en mai dernier. Pour l’expert Jean-Marc Tanguy (Air et Cosmos), ce système antimissile crée une « bulle de déni d’accès » très dissuasive autour du territoire indien, agissant autant sur le plan militaire que psychologique, notamment envers Islamabad.
Le retour du Sukhoi 57, mais peu d’espoirs de contrat
Moscou souhaite également relancer le dossier du chasseur furtif Sukhoi 57, avion de cinquième génération. Mais les chances sont minces : l’Inde, initialement impliquée dans son développement, avait quitté le programme, jugeant l’appareil largement insuffisant.
Selon l’expert aéronautique Xavier Tytelman, le Rafale français, déjà commandé en quantité supérieure aux prévisions, a totalement convaincu New Delhi. Les performances du Sukhoi 57 ne rivalisent pas avec celles du Rafale, notamment sa future version F5.
La Russie en perte d’influence face au “Make in India”
Alors que Moscou fournissait encore récemment près des deux tiers de l’arsenal indien, ce quasi-monopole est révolu. L’Inde privilégie désormais des partenariats industriels avec transferts de technologie, afin de bâtir une industrie de défense souveraine. Une stratégie résumée par le slogan « Make in India », ou « India First » dans une logique inspirée de Washington.
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