La présidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan a annoncé ce vendredi 14 novembre 2025 la création d’une commission d’enquête indépendante chargée d’établir les responsabilités dans les violences meurtrières qui ont éclaté en marge des élections présidentielle et législatives du 29 octobre.
Lors de l’ouverture officielle de la 13ᵉ législature à Dodoma, la cheffe de l’État s’est dite « profondément attristée » par les décès survenus lors des manifestations anti-pouvoir, vivement réprimées par les forces de sécurité.
Une commission pour faire la lumière sur les violences post-électorales
Selon RFI, Samia Suluhu Hassan a affirmé vouloir « examiner les événements et en déterminer la cause », tout en appelant les forces de l’ordre à faire preuve de discernement dans le traitement des nombreux jeunes arrêtés et accusés de trahison.
« Pour ceux qui semblent avoir suivi la foule et n’avaient pas l’intention de commettre un crime, laissez-les effacer leurs erreurs », a-t-elle déclaré, adoptant un ton conciliant et se présentant comme une « mère de la Nation ».
Une présidentielle contestée et un lourd bilan humain
La présidente, officiellement réélue avec près de 98 % des voix, fait face à une contestation persistante de l’opposition et de plusieurs observateurs internationaux. Ces derniers dénoncent des bourrages d’urnes, des irrégularités massives et un processus électoral jugé « compromis ».
Les manifestations qui ont suivi le scrutin ont été violemment réprimées. Selon l’opposition et plusieurs organisations de défense des droits humains, des centaines de personnes auraient été tuées par les forces de sécurité.
Aucun bilan officiel n’a été publié à ce jour par le gouvernement.
Pressions internationales pour une enquête crédible
Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a exigé, le 11 novembre, l’ouverture d’enquêtes « indépendantes et transparentes » sur les morts et les violations commises dans le cadre du scrutin, évoquant même des corps déplacés vers des lieux non divulgués par les forces de sécurité.
De leur côté, les observateurs de l’Union africaine (UA) ont estimé le 5 novembre que l’intégrité des élections avait été « gravement affectée », notamment en raison de bourrages d’urnes dans de nombreux bureaux de vote.
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