La Commission électorale nationale (NEC) a affirmé que la cheffe de l’État a obtenu 31,9 millions de voix sur les 32,7 millions de votes valides enregistrés. « Je déclare Samia Suluhu Hassan présidente élue de la République-Unie de Tanzanie, au nom du parti CCM », a déclaré à la télévision publique Jacobs Mwambegele, président de la NEC.
Cette annonce survient après trois jours d’émeutes et de répression dans plusieurs villes du pays, notamment à Dar es Salaam, Arusha et Dodoma. Selon des sources de l’opposition, près de 700 personnes auraient perdu la vie dans les affrontements entre manifestants et forces de l’ordre un bilan que le gouvernement n’a ni confirmé ni commenté.
Une victoire éclatante mais contestée
Privée de ses principaux adversaires l’un emprisonné, l’autre disqualifié avant le scrutin, Samia Suluhu Hassan, 65 ans, s’est présentée sans réelle concurrence. Si ses partisans célèbrent une victoire « historique » du Chama Cha Mapinduzi (CCM), parti au pouvoir depuis l’indépendance en 1961, ses détracteurs dénoncent une élection verrouillée et un climat d’intimidation.
Une coupure quasi totale d’internet empêche la diffusion indépendante d’informations depuis mercredi, rendant difficile la vérification des chiffres et des témoignages.
De la promesse d’ouverture à la dérive autoritaire
Arrivée au pouvoir en 2021 après le décès soudain de John Magufuli, Samia Suluhu Hassan avait d’abord été saluée pour avoir ouvert l’espace politique et médiatique du pays. Mais à l’approche du scrutin, son image s’est ternie : plusieurs journalistes arrêtés, rassemblements interdits, leaders de l’opposition détenus.
« La présidente a choisi la continuité du contrôle plutôt que le dialogue », estime un analyste politique tanzanien joint par téléphone, qui a requis l’anonymat.
Malgré les critiques, la présidente devrait être investie dès ce samedi à Dodoma lors d’une cérémonie officielle, selon des informations relayées par un journaliste de l’AFP sur place.
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