Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 2024, la police zurichoise est intervenue près de 7700 fois pour des cas de violences domestiques soit 21 interventions par jour, selon le quotidien Neue Zürcher Zeitung (NZZ).
Derrière ces statistiques, une réalité souvent tue : la peur, la honte et le silence. « Beaucoup de victimes n’osent pas demander de l’aide, de crainte d’aggraver la situation », souligne un responsable cantonal.
L’an dernier, 18 femmes ont perdu la vie sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint. En 2025, le bilan est déjà plus lourd : 20 féminicides recensés.
Un numéro unique et confidentiel
Dès le 1er novembre, les personnes concernées pourront contacter la ligne d’écoute zurichoise au 044 455 21 42, 24h/24 et 7j/7.
Les appels seront pris en charge par des conseillers formés, dont plusieurs étudiants en psychologie, garants d’une écoute bienveillante et professionnelle.
Aucun dossier n’est créé, précise le canton : la confidentialité est totale. « Nous voulons offrir un espace sûr et humain, où parler sans peur », explique une responsable du projet.
Vers un modèle national en 2026
La Confédération prévoit de généraliser ce dispositif à tous les cantons d’ici à mai 2026. Cette initiative s’inscrit dans la révision de la loi fédérale sur l’aide aux victimes, qui rendra obligatoire la mise en place d’une hotline dans chaque région.
La conseillère d’État Jacqueline Fehr (PS) justifie l’urgence d’agir :
« La violence n’a pas d’horaires. L’aide non plus. Il ne suffit pas que Zurich et quelques autres cantons soient exemplaires : il faut une approche nationale. »
Actuellement, près de 40 % des femmes hébergées dans les foyers zurichois viennent d’autres cantons, signe d’un manque de structures ailleurs en Suisse.
Genève, pionnier en Suisse romande
Le canton de Genève fait figure d’exception : il dispose depuis 2009 d’une ligne dédiée, le 0840 110 110, soutenue par les autorités cantonales.
Dans les cantons de Vaud, Fribourg et du Valais, le rôle de soutien est assuré par des fondations partenaires, souvent appuyées financièrement par l’État.
Mais ailleurs, les lacunes demeurent : Neuchâtel et le Jura ne disposent toujours pas d’un service accessible en continu.
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