Son principal challenger, Issa Tchiroma Bakary, ancien ministre et candidat de l’opposition, arrive en seconde position avec 35 à 36 % des voix, d’après la même commission. Une annonce que le camp Tchiroma rejette catégoriquement.
Depuis dimanche, Issa Tchiroma Bakary, 72 ans, revendique sa propre victoire, affirmant avoir obtenu plus de 60 % des voix. Dans une vidéo de près de cinq minutes publiée sur les réseaux sociaux, l’opposant, visiblement ému, parle d’une « victoire écrasante » et d’une « sanction claire du régime en place ».
« Notre victoire est claire. Elle doit être respectée », a déclaré Tchiroma, appelant le régime Biya à « accepter la vérité des urnes », faute de quoi le pays risquerait de « plonger dans le tourment ».
Ces déclarations ont aussitôt provoqué une vive réaction du pouvoir. Le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, a dénoncé dans un communiqué officiel une « démarche conspirationniste et anti-républicaine », accusant le candidat de vouloir « mettre le Cameroun à feu et à sang ».
De son côté, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), parti au pouvoir, a fustigé ce qu’il qualifie de « grotesque canular » et de « forfaiture inadmissible dans un État de droit », assurant attendre « sereinement les résultats officiels ».
Sur le terrain, la situation reste tendue. Des renforts de sécurité ont été déployés dans plusieurs villes, notamment à Douala, Yaoundé et Garoua, fief natal d’Issa Tchiroma. Les patrouilles de gendarmerie et de police sont particulièrement visibles autour des bâtiments administratifs et des sièges des partis politiques.
La population, elle, observe avec une mêlée de fatigue et d’inquiétude le déroulement des événements. « Nous voulons juste la paix », confie un habitant de Douala rencontré devant un bureau de vote.
Paul Biya, le plus vieux dirigeant du monde
S’il est confirmé par le Conseil constitutionnel, Paul Biya entamera ainsi un huitième mandat consécutif, un record mondial. En fin de mandat, il aura alors près de 100 ans. Figure politique omniprésente depuis 1982, Biya demeure un symbole à la fois de stabilité et d’immobilisme, selon ses partisans et ses détracteurs.
Alors que le pays retient son souffle, l’enjeu des prochains jours dépasse la simple proclamation d’un résultat : il s’agit de savoir si le Cameroun parviendra à préserver la paix civile tout en restant fidèle à l’expression démocratique de son peuple.
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