Sept ans après sa dernière visite dans la capitale régionale de l’Extrême-Nord, Paul Biya a renoué lundi avec ses partisans au stade Yaya Daïrou, devant des milliers de militants du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC).
Vêtu d’un costume sombre, le président a livré un discours de continuité :
« Ma détermination à vous servir demeure intacte. Je voudrais le réaffirmer aujourd’hui », a-t-il déclaré sous les acclamations de ses partisans.
Dans la foule, drapeaux, chants et trompettes accompagnaient l’apparition du président. Moustapha, griot local vêtu d’un boubou à l’effigie du « père de la Nation », confie :
« C’est un bon discours. Le président nous a redonné confiance. »
Mais selon plusieurs observateurs, la relation entre Paul Biya et le nord du pays, longtemps considérée comme un pilier de sa domination électorale, est aujourd’hui ébranlée. La rupture avec deux alliés historiques désormais candidats contre lui a fragilisé cette alliance politique.
Malgré ces dissensions, les cadres du RDPC affichent leur optimisme :
« Je vous l’assure, nous allons gagner ces élections. Avec Paul Biya, nous gardons espoir », a affirmé un militant sur place.
Aucun autre meeting n’a été confirmé pour les prochains jours. Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, brigue un huitième mandat consécutif.
Une opposition divisée et un code électoral contesté
Face au président sortant, onze candidats ont été officiellement retenus par Elections Cameroon (Elecam), mais deux d’entre eux se sont déjà désistés en faveur de Bello Bouba Maïgari, ancien allié du régime.
Le mouvement Stand Up for Cameroon, qui n’a pas présenté de candidat, a pour sa part dénoncé ce 7 octobre un processus électoral biaisé.
« Il ne s’agit pas d’appeler à l’abstention, mais d’inviter les électeurs à voter en toute conscience, dans un système qui n’est pas démocratique », a déclaré Paul Tchokoua, représentant du mouvement citoyen.
Depuis plusieurs années, une plateforme de partis politiques et d’acteurs de la société civile réclame une réforme du code électoral, jugée essentielle pour restaurer la confiance dans les institutions et garantir la transparence du scrutin.
Le professeur Laurent Charles Boyomo Assala, responsable de la communication du RDPC, relativise ces critiques :
« Il est normal que de tels arguments émergent en période électorale. Cela fait partie du débat démocratique. »
Un scrutin décisif pour l’avenir politique du Cameroun
Alors que le pays s’apprête à voter, l’enjeu de cette élection dépasse la simple reconduction d’un chef d’État au pouvoir depuis 43 ans. Le scrutin du 12 octobre cristallise à la fois les aspirations au changement d’une partie de la population et la volonté du pouvoir en place de préserver la stabilité dans un contexte régional marqué par des tensions sécuritaires et économiques.
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