Selon le ministre de l’Intérieur, l’UDB a remporté la majorité des duels électoraux dès le premier tour, même si plusieurs sièges devront se jouer lors d’un second tour prévu le 11 octobre. Sur les 145 sièges en jeu, une vingtaine de résultats restent en attente, tandis que trois élections seront reprises.
L’ancien parti au pouvoir, le Parti démocratique gabonais (PDG), largement affaibli depuis sa chute lors du coup d’État du 30 août 2023, arrive loin derrière. Toutefois, il reste le mieux représenté parmi les candidats qualifiés pour le second tour face à l’UDB. L’Union nationale de Paulette Missambo et le Rassemblement pour la patrie et la modernité (RPM) d’Alexandre Barro Chambrier ont également réussi à se faire une place à l’Assemblée, contrairement à plusieurs formations historiques restées sans élus.
Un scrutin sous tension
Si le ministère de l’Intérieur et la mission électorale de la société civile estiment que le scrutin s’est « globalement bien déroulé », de nombreuses voix dénoncent des irrégularités. Le convoyage massif des électeurs et l’usage abusif des procurations alimentent les soupçons de fraude.
«Retour à la case départ !» a réagi sur Facebook le Premier ministre de la transition, Raymond Ndong Sima, qui a dénoncé un processus « chaotique » et « indigne d’un scrutin démocratique ». Même son de cloche du côté de l’opposant Mike Jocktane, qui y voit la continuité des pratiques électorales de l’ancien régime.
Le mécontentement gagne aussi les rangs du PDG. L’ancien Premier ministre Julien Nkoghe Bekale a dénoncé des « irrégularités massives » et réclamé l’«annulation pure et simple» des élections sur l’ensemble du territoire.
La Cour constitutionnelle devra trancher dans les prochains jours sur la validité du scrutin et sur les contentieux qui s’annoncent nombreux. Ce double scrutin législatif et local, censé achever la transition entamée après la chute de la dynastie Bongo, pourrait bien rouvrir de profondes fractures politiques au Gabon.
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