Les rescapés, onze Sénégalais et six Gambiens, ont réussi à rejoindre la côte après avoir nagé plus d’une heure. Ils ont été repérés par une patrouille terrestre de garde-côtes vers 23h30, au nord du port de Tanit, situé à une soixantaine de kilomètres de Nouakchott.
D’après leurs témoignages, environ 160 personnes se trouvaient à bord de l’embarcation partie de Gambie six jours plus tôt. Le moteur étant tombé en panne au large, un passeur contacté par téléphone aurait dépêché une autre pirogue depuis la Mauritanie. Mais au moment du transfert du moteur, une panique s’est propagée parmi les passagers, provoquant le chavirement du bateau.
Depuis mercredi soir, deux navires partis de Tanit et un patrouilleur venu de Nouakchott poursuivent les recherches. Jeudi en fin d’après-midi, 40 corps avaient déjà été repêchés. Sur une vidéo diffusée par des ressortissants sénégalais en Mauritanie, on aperçoit une dizaine de cadavres rejetés par la mer sur une plage. Des documents d’identité appartenant à un Sénégalais originaire de Touba ont également été retrouvés sur l’un des corps.
Selon des sources proches du dossier, 812 personnes ont été secourues dans les eaux mauritaniennes depuis le mois de juin, après le départ d’au moins cinq pirogues vers l’Europe. Ces embarcations prennent désormais la mer depuis des points de plus en plus éloignés, notamment en Guinée, pour tenter de contourner le renforcement des contrôles sur la route des Canaries.
Depuis une dizaine d’années, cet itinéraire migratoire reliant les côtes ouest-africaines à l’archipel espagnol est l’un des plus empruntés par les migrants subsahariens. Après une hausse record en 2024, les arrivées aux Canaries ont fortement reculé en 2025 : selon le ministère espagnol de l’Intérieur, 11 883 migrants y ont accosté depuis janvier, contre 22 304 sur la même période l’an dernier, soit une baisse de près de 47 %.
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