Selon les informations recueillies par RSF, des agents béninois ont identifié la présence du journaliste en Côte d’Ivoire grâce à ses publications sur Facebook. Présenté par Cotonou comme un «cyberactiviste dangereux», il a d’abord fait l’objet d’une simple surveillance à Abidjan, sous la supervision d’une unité antiterroriste ivoirienne. Mais, faute de mandat Interpol et de preuves suffisantes, aucune procédure régulière d’extradition n’était engagée.
Malgré cela, Hugues Sossoukpè a été interpellé le 10 juillet dans sa chambre d’hôtel par des policiers béninois, avant d’être discrètement escorté jusqu’à un avion privé qui l’a ramené à Cotonou. Les autorités judiciaires ivoiriennes n’ont à aucun moment validé cette opération, qui s’apparente selon RSF à un « rapt » plutôt qu’à une procédure judiciaire.
Des «manquements graves» signalés à Abidjan
Si la communication officielle ivoirienne assure qu’aucune irrégularité n’a été commise, un lieutenant-colonel chargé de la surveillance du journaliste a été arrêté dans la foulée. D’après RSF, de graves manquements ont été signalés jusqu’au sommet de l’État : absence de contrôle judiciaire, violation du principe de non-refoulement pour une personne bénéficiant du statut de réfugié, impossibilité pour le journaliste de consulter un avocat ou de contester son expulsion.
Appels à une enquête et à la libération du journaliste
Pour RSF, cette opération illustre une coopération sécuritaire détournée de son cadre légal. « En l’état, il s’agit d’un enlèvement ciblé », dénonce Arnaud Froger, responsable du bureau investigation de l’organisation, qui réclame la libération immédiate du journaliste.
Hugues Sossoukpè, directeur du média d’investigation Olofofo, est aujourd’hui incarcéré au Bénin, poursuivi pour « apologie du terrorisme », « rébellion » et « harcèlement par voie informatique ».
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