@pmonews 19/02/2025
(Riyad) Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dénoncé des discussions tenues le 18 février à Riyad sur la paix. Il plaide pour des négociations plus inclusives, impliquant également l’Union européenne, la Turquie et le Royaume-Uni.
Les chefs de la diplomatie américaine et russe se sont rencontrés ce mardi 18 février à Riyad, en Arabie saoudite, pour relancer les relations entre leurs deux pays. Ces discussions visent notamment à poser les bases d’un règlement du conflit en Ukraine et à préparer une rencontre entre Donald Trump et Vladimir Poutine. Après 4 h 30 d’échanges, Marco Rubio, secrétaire d’État des États-Unis, et Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, ont convenu de la mise en place de groupes de travail chargés de plancher sur la normalisation des relations russo-américaines. Une initiative qui marque un tournant après trois années d’isolement diplomatique de la Russie, conséquence du conflit ukrainien.
« L’Ukraine fait partie des discussions, mais l’enjeu principal reste la reprise des relations entre Washington et Moscou », précise Martin Quencez, directeur général risques géopolitiques et stratégie du German Marshall Fund des États-Unis. La rencontre s’inscrit dans une volonté de rapprochement stratégique entre les deux puissances, malgré les tensions persistantes.
Vers un sommet Trump-Poutine ?
L’une des perspectives majeures de ces discussions réside dans l’éventuelle organisation d’un sommet entre Donald Trump et Vladimir Poutine. Cette initiative permettrait au président américain de se positionner en artisan de la paix, une promesse clé de sa campagne.
« Pour Donald Trump, l’objectif est de démontrer sa capacité à rétablir le dialogue et à tourner la page de l’administration précédente », analyse Maxime Chervaux, professeur agrégé à l’Institut français de géopolitique. Un premier échange téléphonique entre les deux dirigeants, tenu le 12 février dernier, a déjà marqué une rupture avec la stratégie d’isolement adoptée par les Occidentaux vis-à-vis de Moscou.
Toutefois, Iouri Ouchakov, conseiller diplomatique du Kremlin, a tempéré ces ambitions en déclarant qu’il était « trop tôt pour avancer des dates concrètes » concernant une rencontre entre Trump et Poutine.
La question des sanctions économiques au centre des négociations
Au cœur des échanges figure la question des sanctions économiques imposées à la Russie depuis 2022. Moscou a fait de la levée de ces sanctions un préalable à toute discussion sur l’Ukraine. Les restrictions occidentales ont touché divers secteurs stratégiques, notamment les banques russes, les exportations d’hydrocarbures et les avoirs d’oligarques proches du Kremlin.
« Il y a eu un vif intérêt pour lever les obstacles artificiels à une coopération économique mutuellement bénéfique », s’est félicité Sergueï Lavrov. Un mécanisme de consultation doit désormais être mis en place pour discuter des points de friction.
Pour Washington, l’enjeu est également européen. « L’Union européenne devra être intégrée aux discussions, car elle aussi applique des sanctions », a souligné Marco Rubio. Le gel des avoirs russes, estimés à 300 milliards d’euros et principalement détenus en Europe, constitue un levier de négociation majeur.
L’Ukraine réclame une participation équitable aux négociations
Si Washington insiste sur une paix « juste et durable », le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dénoncé des discussions « sur l’Ukraine, sans l’Ukraine ». Il plaide pour des négociations plus inclusives, impliquant également l’Union européenne, la Turquie et le Royaume-Uni.
Alors que les contours d’un potentiel accord de paix restent flous, Moscou a d’ores et déjà fixé certaines conditions : exclusion de l’Ukraine de l’Otan et interdiction du déploiement de troupes étrangères sur son territoire.
En parallèle, les Européens s’inquiètent d’une marginalisation progressive dans ce processus diplomatique. « L’administration Trump remettra profondément en question l’implication des États-Unis dans la sécurité de l’Europe », prévient Martin Quencez. Une dynamique qui pourrait contraindre les pays européens à ajuster rapidement leur posture diplomatique et stratégique.
Carlos KETOHOU
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