Cette nouvelle escalade intervient quelques jours après une frappe ukrainienne meurtrière contre un établissement scolaire situé dans une zone occupée par Moscou, attaque pour laquelle le président russe Vladimir Poutine avait promis des représailles.
Une nuit de bombardements intenses sur Kiev
D’après des témoins sur place, de puissantes explosions ont secoué Kiev peu après 1 heure du matin. Plusieurs vagues de frappes ont ensuite visé la capitale depuis différentes directions, impliquant des missiles lancés depuis la terre, les airs et la mer Noire.
Des journalistes présents dans la ville ont observé des tirs de défense antiaérienne et des balles traçantes illuminant le ciel nocturne, tandis que des drones russes survolaient le centre-ville. Dans les stations de métro transformées en abris, de nombreux habitants ont passé la nuit sous tension, dans un climat de fatigue et d’inquiétude croissantes après plus de quatre ans de guerre.
Au matin, plusieurs incendies restaient actifs dans des quartiers résidentiels et industriels de la capitale. Le maire de Kiev, Vitali Klitschko, a indiqué qu’une école avait été endommagée dans le quartier de Shevchenkivsky. Une autre frappe, survenue à proximité d’un établissement scolaire, a également bloqué l’accès à un abri souterrain où s’étaient réfugiés des civils.
Parmi les victimes figure un enfant de moins d’un an, selon les autorités locales.
L’Orechnik, le missile hypersonique russe au cœur des inquiétudes
L’armée ukrainienne affirme que près de 600 drones et 90 missiles ont été mobilisés lors de cette offensive. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dénoncé une attaque « massive » visant des infrastructures civiles, notamment un réseau d’approvisionnement en eau et plusieurs immeubles résidentiels.
Selon l’armée de l’air ukrainienne, la Russie a utilisé un missile balistique Orechnik, un engin hypersonique de portée intermédiaire particulièrement difficile à intercepter par les systèmes de défense aérienne.
L’Orechnik, présenté par Moscou comme l’un de ses missiles les plus avancés, possède une capacité nucléaire et avait déjà été déployé en Biélorussie, alliée stratégique de la Russie. Ce missile a été utilisé à plusieurs reprises depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022.
Kiev redoutait une attaque d’ampleur
Quelques heures avant les frappes, Volodymyr Zelensky avait averti la population de possibles attaques massives contre le territoire ukrainien. Le chef de l’État évoquait déjà des « signes de préparation pour une frappe combinée » impliquant différents types d’armements, dont le missile Orechnik.
L’ambassade des États-Unis à Kiev avait également publié un avertissement concernant une potentielle attaque aérienne russe de grande ampleur.
Cette offensive survient dans un contexte de tensions accrues entre Moscou et Kiev. Le Kremlin avait promis une riposte après une attaque de drones ukrainiens contre des bâtiments éducatifs à Starobilsk, dans la région occupée de Lougansk. Cette frappe avait fait au moins 18 morts et plus de 40 blessés, selon les autorités pro-russes. L’Ukraine avait assuré avoir ciblé une unité militaire russe spécialisée dans les drones et non des civils.
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