Selon les autorités russes, le tir a été réalisé à 11h15, heure de Moscou. Le commandant des Forces de missiles stratégiques russes, le général Sergueï Karakaïev, a personnellement informé le président russe Vladimir Poutine du succès de l’opération.
Moscou affirme avoir prévenu Washington avant le lancement
Le Kremlin a assuré que les États-Unis avaient été informés en amont du tir du missile nucléaire Sarmat. Le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, a déclaré à l’agence TASS que cette notification avait été transmise via le Centre national de réduction des risques nucléaires, conformément aux mécanismes internationaux prévus pour les essais de missiles balistiques intercontinentaux.
« Bien sûr », a répondu Dmitri Peskov lorsqu’il a été interrogé sur l’information préalable adressée à Washington et à plusieurs autres pays.
Cette procédure vise à limiter les risques de mauvaise interprétation militaire et à éviter toute escalade accidentelle entre puissances nucléaires.
Le missile Sarmat bientôt déployé opérationnellement
À l’issue du lancement, Vladimir Poutine a annoncé que le missile RS-28 Sarmat entrerait officiellement en état d’alerte opérationnelle avant la fin de l’année 2026.
Le premier régiment équipé du Sarmat sera installé à Ouzhour, dans la région russe de Krasnoïarsk, selon les déclarations du général Sergueï Karakaïev diffusées à la télévision russe.
Initialement prévu pour 2022, le programme Sarmat a connu plusieurs retards techniques et incidents lors des essais. En septembre 2024, une explosion survenue dans un silo de lancement avait été signalée par plusieurs experts occidentaux. Un autre incident aurait également été enregistré en novembre 2025.
Un missile présenté comme « le plus puissant au monde »
Le RS-28 Sarmat, surnommé « Satan 2 » par l’OTAN, est un missile balistique intercontinental lourd capable de transporter plusieurs ogives nucléaires. Moscou affirme que sa puissance serait largement supérieure à celle des systèmes occidentaux équivalents.
Selon les autorités russes, le missile disposerait d’une portée supérieure à 35 000 kilomètres grâce à une trajectoire suborbitale lui permettant théoriquement de contourner les systèmes antimissiles actuels et futurs.
Le président russe Vladimir Poutine a qualifié le Sarmat de « système stratégique le plus puissant au monde », estimant qu’il renforcerait considérablement la capacité de dissuasion nucléaire de la Russie.
Un essai dans un contexte d’incertitude nucléaire mondiale
Le tir intervient trois mois après la fin officielle du traité New START, dernier accord bilatéral encadrant les arsenaux nucléaires des États-Unis et de la Russie. Le traité a expiré le 5 février 2026 sans renouvellement, mettant fin aux mécanismes de limitation et de vérification des armes stratégiques des deux principales puissances nucléaires mondiales.
Selon plusieurs experts internationaux, la disparition de ce cadre juridique accroît les inquiétudes liées à une nouvelle course aux armements nucléaires. Les États-Unis et la Russie possèdent ensemble près de 87 % des armes nucléaires mondiales.
Cette question a d’ailleurs occupé une place centrale lors de la récente conférence d’examen du Traité de non-prolifération nucléaire organisée à l’ONU fin avril 2026.
Le déploiement opérationnel du premier régiment Sarmat est désormais attendu avant le 31 décembre 2026, conformément aux engagements annoncés par Moscou après ce nouvel essai militaire.
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