Selon ses proches, l’ancien chef de la junte, renversé en 2022 par le capitaine Ibrahim Traoré, serait maintenu dans des conditions de détention préoccupantes. Après près de soixante jours d’incarcération, sa famille affirme n’avoir reçu aucune information officielle sur son état de santé ni sur sa situation judiciaire.
Une détention au secret dans les locaux du renseignement
D’après plusieurs sources proches du dossier, Paul‑Henri Sandaogo Damiba serait détenu dans une annexe de l’Agence nationale de renseignement à Ouagadougou.
Les mêmes sources évoquent des interrogatoires intensifs, qualifiés de « musclés », menés dans le cadre de l’enquête ouverte contre l’ancien dirigeant militaire. Certains témoignages évoquent même la possibilité de sévices physiques, bien que ces allégations n’aient pas été confirmées officiellement par les autorités burkinabè.
La situation inquiète particulièrement ses proches, qui dénoncent l’absence de communication et de garanties juridiques entourant sa détention.
Des accusations graves portées par la justice burkinabè
L’ancien chef de la transition fait face à plusieurs chefs d’accusation lourds dans le cadre des enquêtes ouvertes par la justice militaire.
Selon des informations judiciaires, il est poursuivi notamment pour : détournement criminel de deniers publics, enrichissement illicite, corruption, incitation à la commission de délits et de crimes.
Les autorités l’accusent également d’être l’un des cerveaux présumés de tentatives de déstabilisation du pouvoir depuis son renversement en septembre 2022.
Pour l’instant, aucun calendrier judiciaire précis n’a été rendu public concernant un éventuel procès.
L’absence d’avocat alimente les interrogations
Un autre élément suscite de nombreuses interrogations : l’ancien président de transition ne disposerait toujours pas d’équipe de défense officielle.
À ce stade, aucun avocat n’a été désigné pour représenter Paul‑Henri Sandaogo Damiba, selon plusieurs sources proches du barreau burkinabè.
Dans les milieux judiciaires de Ouagadougou, les spéculations se multiplient quant à l’identité des avocats qui pourraient accepter d’assurer sa défense. Toutefois, aucun nom n’a pour l’instant été officiellement avancé.
Cette situation renforce l’impression d’opacité autour du dossier et alimente les inquiétudes concernant le respect des droits de la défense.
Un contexte judiciaire marqué par des accusations de violences
Certaines sources établissent un parallèle avec les accusations de violences formulées lors du procès de magistrats poursuivis pour corruption à Koupéla en février dernier.
Au cours de cette affaire, des avocats avaient dénoncé lors de leurs plaidoiries des violences commises lors des interrogatoires, imputées à des enquêteurs chargés du dossier.
Ces précédents nourrissent aujourd’hui les craintes des proches de Paul‑Henri Sandaogo Damiba, qui redoutent que l’ancien dirigeant militaire soit soumis à des méthodes similaires.
Un dossier sensible pour les autorités burkinabè
L’affaire Damiba reste particulièrement sensible dans un contexte politique encore fragile au Burkina Faso. L’ancien chef de la junte avait pris le pouvoir en janvier 2022 avant d’être lui-même renversé quelques mois plus tard par le capitaine Ibrahim Traoré.
Depuis lors, les autorités de transition affirment avoir déjoué plusieurs tentatives de coup d’État et complots présumés contre le régime.
Dans ce climat politique tendu, le sort réservé à Paul‑Henri Sandaogo Damiba est suivi de près, tant par l’opinion publique que par les observateurs régionaux.
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